ACF – Association des communes fribourgeoises

Dominique Butty

«Aller dans le même sens, un défi motivant»

Le canton de Fribourg comptabilise 136 communes. L’Association des Communes Fribourgeoises a 136 membres. Elles sont, donc, toutes adhérentes, de la plus peuplée, Fribourg et ses quelques 38000 habitants à Prédonvavaux qui n’atteint pas la centaine d’administrés. Une seule association, à contrario d’autres cantons, pour écouter, entendre, soutenir et prendre des prises de positions tranchées. Dominique Butty, président de l’ACF, répond aux questions de Bien Vivre.

Pourquoi avez-vous accepté le poste de président de l’ACF ?

C’est un concours de circonstances. Il s’est joué, entre autres, en discutant avec l’ancienne présidente, Nadia Savary, qui voulait partir. Par tradition, un syndic, comme je le suis de Romont, est membre de l’ACF. J’en ai pris la présidence, il y a deux ans. Etant également député, c’est un trio de mandats complémentaires à mes yeux. Il est important de faire bouger les choses. Avec une association qui compte autant de membres qu’elle a de communes dans son canton, on a un fonctionnement qui est approuvé par le Conseil d’Etat et une légitimité.

Comment s’organise le travail de l’ACF ?

Nous sommes à l’origine des projets de lois puisque nous sommes toujours consultés et proactifs. La professionnalisation de l’ACF est une chose très importante. Avec une secrétaire générale, Madame Guerry-Berchier, les choses sont plus cadrées ; nous avons pris du pouvoir. Nous sommes plus forts devant l’Etat et les partenaires. Notre secrétaire générale prépare les éléments nécessaires et les thématiques des discussions. Pour ce faire, elle récupère des informations auprès des intéressés. Les sujets sont, évidemment, en relation avec les communes ou le canton. Grâce aux documents fournis, nous suivons des directions qui vont dans le sens de ce qui est demandé. Pour toujours être au fait des actions, durant la législation, des formations sont apportées. Elles sont montées par les soins de l’ACF. Une fois par mois, le comité de direction se retrouve pour parler des dossiers en cours. Sont présents 2 représentants par district et le syndic de Fribourg. Il y a une vraie consultation, un vrai débat. Tout est, alors, examiné.

Quelle est la force de l’ACF ?

C’est incontestablement notre union, puisque toutes les communes du canton de Fribourg sont investies. Cela nous donne un poids politique important. De plus, chaque membre a des compétences pour sa ou ses prises de position. L’Association des Communes Fribourgeoises est l’interlocutrice privilégiée du Conseil d’Etat. Notre but est de défendre nos villes et villages par la stratégie, la politique et le conseil.

Comment travaillez-vous avec le Conseil d’Etat ?

Tout au long de l’année, le comité cantonal et le Conseil d’Etat et ses services ont des échanges réguliers. Une fois par an, les membres du Conseil d’Etat et le comité de l’ACF se rencontrent lors d’une séance. Les sujets évoqués sont soumis par les deux entités. Lors de la dernière réunion, en juin 2017, nous avions 12 dossiers à débattre. Certains sont d’une importance capitale pour l’avenir comme le projet fiscal 17 ou bien encore le désenchevêtrement des tâches. Les autres ne sont pas de second ordre, évidemment, raison pour laquelle nous apportons, pour chacun, un soin particulier à trouver les bonnes solutions. Cette rencontre est empreinte d’esprit constructif et permet un échange réciproque d’informations et de points de vue.

Peut-on défendre les intérêts de grande ville comme de petits villages ?

Il faut trouver le dénominateur commun. Les lois doivent aller dans l’intérêt de toutes les communes. Jusqu’à ce jour, nous n’avons jamais été confrontés à des difficultés par nos prises de position. Nous mettons toujours en évidence les intérêts que chacun peut en retirer. S’il devait y avoir un souci, tout serait mis sur la table et des discussions s’en suivraient. C’est un grand défi de tous aller dans le même sens, c’est très motivant.

Quelle place tient le projet fiscal 17 à l’ACF ?

C’est incontestablement le dossier le plus important de cette législature. Les communes sont gravement impactées et l’on se doit d’être partenaire de l’Etat pour trouver des solutions à ce « trou » fiscal. Le dialogue est omniprésent. Il faut qu’au niveau politique, le canton ait une attractivité par rapport aux autres. Il y a une concurrence. L’enjeu est aussi grand au niveau des communes que du canton car il faut garder nos entreprises, nos emplois. Il y a aussi les compensations et les conditions dictées par la Confédération. Il faut vraiment travailler au mieux les pertes fiscales. Par rapport à ceci, nous devons, également, être clairs avec la répartition des tâches entre l’Etat et les communes pour avoir une règle absolue du qui paye quoi. Toutes les lois doivent être mises à plat. C’est un dossier complexe et vraiment important pour le futur.

Quels sont vos gros chantiers en cours ?

L’ACF est constituée de 47 commissions et groupes de travail. Chacune s’occupe plus précisément d’un sujet. Nous abordons ainsi tout ce qui fait la vie de notre canton. Le spectre est large. Chaque projet est évidemment différent. Les délégations en discutent et prennent position. Chaque prise de position est présentée au parlement cantonal. En fonction des résultats, les points de vue et les visions peuvent être rediscutés pour soumettre une nouvelle prise de position. Parmi tous ces dossiers, certains nous occupent particulièrement comme le désenchevêtrement et le PF 17, déjà évoqués. La cyberadministration, les fusions de communes, le nouveau plan directeur cantonal, font, également, partis des dossiers qui nous prennent du temps. Mais n’oublions pas que nous sommes là pour cela, pour faire avancer les choses, et même si notre travail est dur et difficile, dans l’ensemble notre voix est entendue.

Association des Communes Fribourgeoises

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