AFIPA – Association Fribourgeoise des Institutions pour Personnes Agées

Claude Bertelletto Küng

 

Les EMS, des lieux de vie qui regardent vers demain

Trop souvent entachés par les événements qui se sont déroulés durant la pandémie, les EMS, ainsi que leurs collaborateurs, ont pourtant tout mis en œuvre pour assurer le bien-être et la sécurité de leurs résidents. Aujourd’hui, plus que jamais, ils continuent dans ce sens, entre autres, avec l’aide et le soutien de l’AFIPA, association faîtière des institutions pour personnes âgées du canton de Fribourg. Pour parler des dossiers en cours et du futur, rencontre avec Claude Bertelletto Küng, secrétaire générale de l’association.

En quelques mots, qu’est-ce que l’AFIPA ?

L’AFIPA est l’association faîtière des institutions pour personnes âgées du canton de Fribourg. Elle a été créée en 1983 et regroupe, aujourd’hui, les 43 entités juridiques offrant des prestations de long séjour, de court séjour ainsi que des séjours à la journée pour les personnes âgées fragilisées ou dépendantes du canton, ceci dans 55 établissements. Ces institutions hébergent plus de 2800 résidents ou hôtes, au chevet desquels travaillent plus de 5350 employés, soit 3250 équivalents plein temps. Reconnue d’utilité publique, l’AFIPA est coordonnée par un comité, de 7 à 8 représentants d’institutions, assisté d’un secrétariat général professionnel bilingue.

Quel est son rôle ?

L’association a pour but :
• De viser un rôle de leader dans l’hébergement, l’accompagnement et les soins aux personnes âgées et un rôle de partenaire actif dans la politique gérontologique.
• D’assumer une responsabilité publique et de veiller aux bonnes pratiques professionnelles, notamment en établissant et en assurant le respect d’une charte éthique.
• De déployer de façon continue une politique concertée et consensuelle visant la défense des intérêts de ses membres.
• De rassembler les informations et compétences internes et externes afin de développer un cadre optimal permettant aux membres d’offrir une prise en charge répondant au mieux aux besoins des résidents et des familles.
• D’encourager le développement d’une politique transparente, cohérente et attractive des ressources humaines ; de fournir à ses membres des prestations conformes à la législation et aux standards de qualité.

L’AFIPA a-t-elle des pôles de compétences spécifiques ?

Elle en a spécialement 2 : la formation et la qualité. Pour le premier, elle propose des formations continues, pensées et réfléchies avec les différents acteurs concernés, en relation avec les très nombreux métiers que l’on peut trouver dans les EMS. Ces formations sont proposées en interne ou en partenariat avec, par exemple, la Haute Ecole de santé, les hôpitaux, les soins à domicile… Nous évaluons nos formations à 1 ou 2 années pour déterminer les plus-values qu’elles ont apportées, autant pour ceux qui les ont suivies que pour leur lieu de travail. Ceci nous permet de les affiner pour être au plus juste des besoins et des attentes du terrain.

Concernant la qualité, l’AFIPA a développé un système, reconnu par l’Etat. Cette reconnaissance est nécessaire aux EMS pour obtenir l’autorisation cantonale d’exploiter. Le système permet de tendre vers une amélioration continue, raison pour laquelle des audits internes et externes sont menés dans les établissements avec l’appui de la commission des Pairs regroupant plusieurs métiers. De ces audits découlent une certification ou des conseils portant sur les points d’effort. En parallèle, une comparaison benchmark annuelle a lieu entre les EMS du canton.

Est-ce que vos membres se rencontrent ou travaillent chacun de leur côté ?

Nous attachons une grande importance à la mise en réseau de nos membres et de nos partenaires externes afin qu’ils discutent ensemble autour de thématiques communes. De ces partages, peuvent naître des solutions pour faire avancer les choses ou résoudre des problèmes qui semblaient sans issue. Dans la mesure du possible, nous organisons aussi des rencontres informelles autour d’un repas pour favoriser l’échange et la convivialité.

Quelle est votre plus importante problématique à ce jour ?

L’image des EMS a été très fortement entachée par la pandémie. Les médias n’ont pas épargné nos institutions. Les dégâts sont présents autant pour les établissements, le personnel, les résidents que pour les futurs résidents et leurs proches. Parce qu’il est plus rapide de démolir que de reconstruire, nous pensons qu’il nous faudra de nombreux mois pour retrouver une image positive. Pour aider dans ce sens, nous allons lancer une importante campagne de communication qui mettra à l’honneur la richesse de la vie en EMS. Par ailleurs, devant la hausse de la mortalité, des établissements se sont retrouvés avec de nombreux lits inoccupés. Nous avons passé le creux de la vague, aujourd’hui, nous allons gentiment vers une normalisation.

Que sera un EMS demain ?

Devant le vieillissement de la population et l’arrivée de plus en plus tardive en EMS des personnes âgées, nous savons que les futurs résidents seront atteints de pathologies qui demandent un encadrement très différent. Nous envisageons que chaque EMS devienne un centre de compétences régional et qu’il s’ouvre aux personnes âgées qui résident encore à leur domicile. Nous voyons plus loin en misant sur la restauration. En effet, les cuisiniers des établissements sont à même de proposer des cartes adaptées aux intolérances, aux allergies… raison pour laquelle nous aimerions promouvoir davantage encore ces lieux, en particulier pour les séniors du quartier. Leur offre viendrait en complément des restaurants traditionnels ou des repas servis à domicile. Quant au bien-être des résidents, qui est notre moteur, il passera par des lieux de vie ouverts où l’on trouvera par exemple, des coiffeurs spécialisés pour les personnes âgées ou encore des fitness adaptés aux activités physiques des personnes âgées, pour ne citer que deux exemples. Pour finir, je suis certaine qu’il ne sera plus possible de conjuguer sans la digitalisation parce que l’accompagnement sera de plus en plus individualisé. Tout laisse à penser, vu le vieillissement, que les animations de groupe seront de moins en moins possible, raison pour laquelle, elles pourront être remplacées par des offres individuelles, par exemple, les voyages grâce à la réalité virtuelle. Tout reste à inventer, nous y travaillons.

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