Alain Marietta

Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie

Ici c’est Neuchâtel !

Très alerte nonagénaire, la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie (CNCI) compte 1000 membres et 40 organisations qui représentent quelque 45 000 emplois. Alain Marietta est Président de la « Chambre » depuis 6 ans. Il nous parle de son association, de son évolution, mais aussi du canton et de ses enjeux.

Qui sont les membres de la CNCI ?

La barre des 1000 membres a été franchie au début novembre 2018, ce qui fait de la CNCI une des plus grandes chambres de commerce suisses. Une grande diversité caractérise notre membership. Nous comptons de grandes entreprises internationales (avec plus de 1000 collaborateurs), des PME et des raisons individuelles. Sociétés industrielles, sous-traitants, petits et grands commerces, services aux entreprises et artisans constituent le tissu de la CNCI.

Qu’est-ce qui pousse une entreprise à adhérer à la CNCI ?

Trois raisons principales poussent une entreprise à devenir membre de la CNCI. Premièrement, l’opportunité de faire partie d’un réseau et de profiter de ce réseau pour tisser des contacts (réseautage). Deuxièmement, l’accès à différents services à valeur ajoutée : caisses d’assurances sociales, service juridique, formations en droit du travail, divers cours, journal repères, écoute de prestigieux orateurs. Troisièmement, faire partie d’une organisation qui est le porte-voix de l’économie neuchâteloise vis-à-vis des autorités politiques et des services de l’administration cantonale.

Quel est le fondement des actions menées par la CNCI ?

A chaque législature cantonale, les membres de notre Conseil d’administration (il y en a plus de 20) définissent les enjeux de l’économie neuchâteloise. Pour la présente législature, cinq enjeux guident nos pas. 1) La main-d’œuvre des entreprises et la relève formées, opérationnelles et flexibles. 2) Un canton (para)fiscalement compétitif pour ses entreprises, leurs propriétaires et leurs employés. 3) Les préoccupations et l’évolution des entreprises comprises par la population et l’administration. 4) L’innovation dans les entreprises stimulée par les mises en relations. 5) Les entreprises sensibilisées aux grands changements qui s’annoncent.

Comment ces enjeux se déclinent-ils concrètement dans le quotidien de la CNCI ?

Sans être exhaustif, voici quelques exemples. Par rapport à la formation professionnelle, la CNCI assure la présidence de Capa’Cité, le Salon neuchâtelois des métiers. Au sujet de la fiscalité et de la parafiscalité, la CNCI répond aux consultations fédérales et cantonales ; elle publie régulièrement des comparatifs intercantonaux. La CNCI relaie les préoccupations de ses membres aux autorités et aux services étatiques. Pour rapprocher nos membres des laboratoires de recherches et des startups, nous venons de participer à l’augmentation du capital de Microcity. Enfin, nous sommes soucieux de thématiser les grands changements qui vont bouleverser le quotidien de nos membres : par exemple, l’industrie 4.0.

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos actions concernant l’industrie 4.0 ?

Dans un monde où tout va très vite, il est obligatoire pour l’économie d’anticiper les changements et de s’y adapter, tant au niveau de ses produits et services que de son organisation. L’innovation et l’utilisation des nouvelles technologies font partie intégrante de ce processus continu. Encore faut-il savoir s’en servir et en faire bon usage. Dans ce but, la CNCI a mis en place un programme de sensibilisation à la transformation digitale et au 4.0. Une cinquantaine d’entreprises romandes s’investissent et partagent leurs expériences via des ouvrages thématiques, via un site internet ManufactureThinking.com, sur Linkedin ou encore lors de conférences. Notre initiative propose aussi des missions de découvertes dans des hauts lieux de la transformation digitale, à Londres, Boston, Berlin, Hanovre, Paris, Tokyo, Shangaï ou encore Munich. Nous y allons pour rencontrer des entrepreneurs de différents horizons, aux entreprises de taille très variable, et partager avec eux leurs expériences autour du 4.0. Grâce à ces déplacements, nous appréhendons mieux le présent et le futur, nous le comprenons par des actions réelles et non virtuelles menées par les personnes rencontrées. L’investissement de la CNCI dans ce domaine contribue aussi au rayonnement de Neuchâtel à l’extérieur, en tant que place de développement industriel.

Quels sont les atouts du canton ?

Il en a plein, mais Neuchâtel ne sait pas toujours comment les exploiter et les vendre. Neuchâtel est à proximité des cinq plus grandes agglomérations suisses. La qualité de vie y est exceptionnelle. A Neuchâtel, il est possible de combiner vie professionnelle et vie familiale. Le dynamisme économique neuchâtelois se traduit par de nombreuses médailles remportées ici et là : 1er canton horloger ; 1er canton avec le plus de brevets par habitant ; 3e canton exportateur par habitant ; 3e canton le plus innovant. Pas mal pour un petit canton de 180 000 habitants ! ?

Si vous rencontriez une fée, que lui demanderiez-vous pour Neuchâtel ?

D’abord, en tant que bon Neuchâtelois, je demanderai à la fée qu’elle soit verte  🙂 Ensuite, je lui demanderai de changer l’état d’esprit des Neuchâtelois. Des problèmes structurels pénalisent le canton et le positionnent mal sur l’échiquier suisse. Il faut viser plus d’efficience dans les prestations servies. Tout le monde s’accorde pour dire qu’il y a des doublons et des potentiels de synergies. Mais dès qu’il s’agit de faire des économies, chacun prétend que c’est à l’autre d’en faire, mais pas à lui. Tant que nous ne changerons pas cet état d’esprit, nous continuerons à tourner en rond.

Monsieur Marietta, quel serait votre dernier vœu pour Neuchâtel ?

Pour répondre à votre question, je cite le Conseil d’Etat qui a écrit dans son programme de législature 2018-2021 : « Le Canton de Neuchâtel est idéal pour le développement des activités économiques. Il doit encore gagner en attractivité résidentielle pour permettre la domiciliation dans le canton de plus de contribuables actifs. Le potentiel est important en regard du dynamisme économique. La bonne situation géographique du canton et la qualité de vie qui y règne en font aussi un lieu de résidence et de rayonnement idéal. » Je partage cette vision. Une fiscalité des personnes physiques plus compétitive, une offre immobilière de qualité et une meilleure connexion aux réseaux ferroviaires et routiers renforceront notre attractivité résidentielle. Je ne suis pas le seul à le penser, le Conseil d’Etat aussi. Alors, ENSEMBLE, retroussons-nous les manches et passons enfin des paroles aux actes !

Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie

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