André Magnin

Ingénieur cantonal – Chef du service des ponts et chaussées

Avis à la population !

Ingénieur cantonal, chef du service des ponts et chaussées depuis le 1er mai 2008, André Magnin est en charge de nombreux chantiers en cours ou à venir qui apporteront des changements notoires dans tout le canton de Fribourg. Pour en parler et connaître l’avancée des projets, Bien Vivre l’a rencontré.

Avant d’en venir à votre quotidien, pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours professionnel ?

Titulaire d’un diplôme d’ingénieur civil EPFL, j’ai acquis mon expérience, tout d’abord, dans des bureaux d’ingénieurs privés à St-Gall et à Fribourg puis auprès du service des autoroutes du canton. Par la suite, j’ai assuré le poste de responsable technique régional auprès de la centrale de l’Office fédéral des routes. Depuis 2018, je suis ingénieur cantonal, chef du service des ponts et chaussées, un métier passionnant pour lequel je gère de nombreux chantiers de taille et d’importance pour notre canton, et ce, avec l’aide de plus de 200 collaborateurs et collaboratrices.

Assurer la qualité du réseau routier est une priorité pour le Conseil d’Etat. A ce sujet, depuis des années, un projet de nouvelle route pour relier Marly à Matran est en discussion, qu’en est-il aujourd’hui ?

Effectivement c’est un projet qui dure et qui date mais qui, aujourd’hui, est approuvé et a démarré. Des concours d’ingénieurs, à l’international, ont été lancés au printemps pour les deux grands ouvrages d’art qui devront être construits soit le pont d’Hauterive de 830 m qui accueillera également une large voie pour les cyclistes et les piétons et le pont de Chésalles, plus petit, de 190 m. Une totale liberté est donnée aux concurrents pour que le jury sélectionne au final les projets les plus novateurs, les plus adaptés et qui offrent les meilleures solutions. Si tout se passe bien, que toutes les étapes sont franchies sans trop d’oppositions, je pense que les travaux pourraient démarrer en 2022.

Vous êtes en première ligne pour les 7 contournements qui doivent voir le jour dans différentes communes du canton, où en sont les projets ?

Face à une forte densification et une évolution démographique – la plus forte de toute la Suisse – depuis plus d’une décennie, une véritable volonté de réaliser un réseau de mobilité sûr et approprié est en discussion. Les routes de contournement en sont un volet. Diverses études ont été menées à la demande des communes, elles ont été affinées et aujourd’hui, il est possible d’aller de l’avant pour certaines et préparer les autres pour un futur proche. Le Conseil d’Etat a, donc, décidé, sur la base de la recommandation du Comité de pilotage (COPIL) « Priorisation des 7 routes de contournement », dans un premier temps, de lancer les études d’avant-projet pour trois routes de contournement : Romont, Kerzers et Prez-vers-Noréaz. Cette décision a été prise en se basant sur plusieurs critères, comme la possession des terrains par l’Etat, le report du trafic, la faisabilité et les coûts. Concernant le projet de Romont, il a été classé en première position par le COPIL. Le tronçon Est, entre le giratoire de Chavannes-sous-Romont et celui de la Parqueterie, dont le tracé est déjà existant, sera réalisé en premier. Les études du tronçon sud (entre le giratoire de la Parqueterie et celui situé au niveau de la sortie de Nespresso) seront lancées dans un second temps en étroite collaboration avec les tpf qui ont aussi un projet de modification de leurs voies dans le secteur.

Le COPIL avait classé le projet de Kerzers en 4e position. Le Conseil d’Etat a choisi de le remonter dans la liste, en raison de son coût de réalisation, qui peut être réduit grâce à la participation financière de tiers, de la nécessité d’une route de contournement pour l’exploitation d’une gravière inscrite au plan sectoriel pour l’exploitation des matériaux (PSEM), du fait que les terrains sont déjà en grande partie propriétés de l’Etat et pour respecter un certain équilibre régional. Le Conseil d’Etat a enfin décidé de retenir également le projet de Prez-vers-Noréaz, vu l’importance de cet axe, qui relie les autoroutes N1 et N12, l’absence d’alternative ferroviaire, sa réalisation potentiellement rapide et son coût. Les terrains appartiennent déjà à l’Etat.

Tous les cantons doivent mettre leurs arrêts de bus en conformité face à la loi fédérale sur l’accès aux transports pour les personnes à mobilité réduite. Où en sont les choses dans le canton de Fribourg ?

Le territoire fribourgeois recense 1456 arrêts de bus, dont 739 sur des routes cantonales et 717 sur des routes communales. 35 sont conformes à la loi fédérale sur l’élimination des inégalités frappant les personnes handicapées (LHand) et 8 sont actuellement en travaux.

Une étude, basée sur une analyse utilité-coût et prenant en compte le principe de proportionnalité a été lancée. Elle arrive à la conclusion que 240 arrêts sur routes cantonales doivent être mis en conformité. A cela sont ajoutés 94 arrêts pour assurer à chaque localité au moins un arrêt conforme à la LHand. Au total, 334 à charge de l’Etat sont à assainir dans le canton. Les coûts des travaux, qui comprennent la réalisation et l’équipement des arrêts, les adaptations des accès et des carrefours adjacents, l’évacuation des eaux, l’éclairage, les frais d’achat de terrain sont estimés à 26,535 millions de francs. La part de l’Etat se monte à 21,228 millions de francs, 20% des coûts étant à charge des entreprises de transport. Une planification des travaux à entreprendre sera faite ultérieurement.

Vous voulez lancer un avis à la population au sujet des arrêts de bus, je vous laisse la parole !

Nous avons un chantier de taille qui nous attend avec 334 arrêts de bus à assainir. Pour autant, nous n’allons pas réaliser l’ensemble en simultané, les choses vont devoir s’étaler sur le temps. Une chronologie des travaux est donc à mettre en place. Pour ce faire, nous avons besoin de savoir combien de personnes étant touchées par cette loi fréquentent chaque arrêt régulièrement pour l’établir. Malheureusement, ce sont des données que nous n’avons que partiellement, raison pour laquelle j’invite le plus grand nombre à nous écrire et nous renseigner à ce sujet pour que nous puissions établir un projet cohérent. Chacun peut envoyer un email à l’adresse spc@fr.ch, afin de compléter les informations que nous avons reçues de la part des organisations de défense des personnes handicapées. Ceci est d’une grande importance pour que nous puissions affiner les travaux à venir et les réaliser en priorité là où les besoins sont les plus importants. D’avance, je remercie tous nos citoyens pour leur contribution.