Association Hôtelière du Valais

Patrick Bérod

Plus de 4 millions de nuitées en 2017

Fondée en 1917, l’Association Hôtelière du Valais, fait partie de « hotelleriesuisse », organisme faîtier de la Société Suisse des hôteliers. Elle compte 450 membres représentant près de 95% des nuitées hôtelières du canton. Elle gère l’association, défend les intérêts politico-économiques de la branche, s’engage dans la formation et représente un véritable centre de compétences au service de ses membres. Pour en savoir plus sur les défis auxquels est confronté le secteur de l’hôtellerie en Valais, nous avons rencontré Patrick Bérod, directeur de l’Association Hôtelière du Valais.

Comment se porte l’hôtellerie valaisanne ?

Nous avons enregistré en 2017 plus de 4 millions de nuitées et l’année 2018 s’annonce plutôt bien. La saison hivernale a marqué un regain d’intérêt pour la destination. Cela est dû en partie aux excellentes conditions d’enneigement mais aussi au Magic Pass, qui a ramené des gens sur les pistes et indirectement dans les hôtels. Nous travaillons également en partenariat avec Valais Wallis Promotion au développement de l’offre estivale avec principalement deux grands produits, l’œnotourisme et la gastronomie et le vélo avec le VTT et le Valais Vélo Tour.

On parle beaucoup d’Airbnb comme une menace pour les hôteliers. Quelle est l’ampleur du phénomène et comment faire face ?

Le phénomène Airbnb, dit de l’économie de partage, fait partie de la révolution numérique et comme toute révolution celle-ci doit être analysée comme telle. Il faut tirer les leçons du passé et des révolutions précédentes. La révolution des transports et la révolution industrielle ont provoqué de profonds bouleversements économiques à l’époque mais nous avons su nous adapter et évoluer en fonction. La question n’est pas de savoir si Airbnb est une menace ou non, c’est une réalité avec laquelle on doit composer. Pour cela, nous avons besoin d’un cadre politique et légal clair. C’est urgent, on ne peut maintenir côte à côte une économie traditionnelle, où les entreprises sont écrasées de lois, de règlements et de taxes et une nouvelle économie digitale, sans aucun contrôle où chacun fait ce qu’il veut. Ce que nous demandons, c’est moins de pressions sur la première et plus sur la seconde. Nous exigeons que les appartements apparaissant sur la plateforme soient inscrits dans un registre online avec un numéro d’identification attribué par l’Etat du Valais, à l’instar de ce qui est déjà pratiqué à Barcelone et Paris.

Autre défi majeur pour vos membres, les plateformes de réservation en ligne et leurs clauses de parité tarifaire pour les hôteliers…

Ces plateformes, dont la plus connue reste Booking.com, mettent des clauses restrictives dans leur contrat qui empêchent les hôteliers de vendre leurs chambres à des prix plus avantageux sur leur propre site sans compter qu’ils doivent payer à la plateforme une commission de 12% à 25% du prix des nuitées. Fort heureusement, les choses bougent avec la motion Bischof approuvée par le gouvernement. De notre côté, nous avions constaté que plus de la moitié des établissements valaisans n’offraient pas de possibilité de réservation en ligne. Un constat qui nous a conduits à développer Booking-valais.ch. Un système centralisé de réservations en ligne avec « Channel Manager », mis gratuitement à la disposition de nos membres. Afin qu’ils puissent utiliser au mieux ses nombreuses fonctions, des cours de formation continue sur le thème du « Channel Management » et du marketing digital sont proposés. En 2017, Booking-Valais.ch a généré un chiffre d’affaires total à 39 millions de francs.

Passer en direct par l’hôtelier serait-il désuet ?

Ça se fait encore. De manière générale, on peut dire qu’il existe trois types d’utilisateurs. Ceux qui recherchent la sécurité et font appels directement aux prestataires de services en qui ils ont confiance, ceux qui préfèrent la rapidité et l’efficacité et les chasseurs de prix qui utilisent les plateformes de réservation en ligne. La première catégorie représente 60% des clients. Il faut dire que rien ne peut remplacer les relations humaines.

Que pensez-vous des plateformes d’avis de clients comme Tripadvisor ?

Les critiques sont constructives lorsqu’elles sont pertinentes. Nous avons des revendications pour que les avis soient conservés un certain temps mais pas au-delà et pour qu’ils soient effacés lorsque l’hôtel est repris. Reste le problème des faux avis mais ceux-ci sont minimisés face au volume. Plus le nombre d’avis est grand, plus on peut considérer que les avis sont justes. Nous proposons des cours d’e-réputation avec gestion des critiques à nos membres.

Vous êtes très actifs dans la formation. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Au niveau de la formation de base, nous avons six CFC, cuisinier, spécialiste en restauration, spécialiste en restauration système, spécialiste en hôtellerie, employé de commerce et spécialiste en communication hôtelière. Nous sommes également chargés de la promotion des métiers de l’hôtellerie auprès des jeunes en Valais. En matière de formation continue, ritzy* propose un large choix de formation continue avec une palette de plus de 300 cours dans les domaines du management, du marketing & vente, du développement des collaborateurs, de la sécurité & hygiène ainsi que des cours plus spécifiques. Des formations qui représentent près de 2000 participants chaque année et qui sont gratuites pour nos membres et leurs employés. www.ritzy.ch

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