AVDEP – Association Vaudoise des Écoles Privées

Ève-Marie Klima

 

Une association qui fête ses 85 printemps!

Créée en 1940, l’AVDEP n’a eu de cesse, depuis ses premières heures, de défendre les intérêts d’écoles privées installées dans un canton où elles sont, plus que jamais, une force vive de son économie et de son aura à l’international. Sachant s’inventer et proposer des approches pédagogiques uniques, répondant aux besoins d’une multitude d’enfants et de jeunes, elles s’ouvrent de plus en plus à toutes les catégories de population, sortant ainsi d’une image élitiste qui les symbolise trop souvent. Parce qu’elles sont également face à des changements par le biais d’une révision de loi et d’une nouvelle en tractation, pour nous parler de l’actualité de ce secteur, rencontre avec Ève-Marie Klima, nouvelle présidente de l’AVDEP depuis mai 2025.

Pourquoi et pour qui l’AVDEP a vu le jour ?

En 1940, l’association a été créée par des directeurs d’écoles privées qui doivent faire face, alors, à de grandes difficultés en raison de la guerre qui fait rage en Europe. En se réunissant, ils veulent unir leur force face aux autorités publiques et l’État afin de faciliter l’entrée des étudiants étrangers, les frontières étant fermées, et travailler à la qualité de l’enseignement. Aujourd’hui encore, ces buts sont poursuivis grâce à nos contacts réguliers avec l’administration et l’État. Nos écoles sont un facteur important pour l’implantation d’expatriés dans le canton de Vaud tout autant que pour son économie, et leur qualité est plus que reconnue. Aujourd’hui, nous comptons 59 établissements membres ce qui représente environ 12’000 élèves. Cette année, nous avons ainsi fêté les 85 ans de notre association, un évènement important qui a été célébré le 10 novembre, à Lausanne, à l’occasion d’une fête qui a réuni toutes les écoles affiliées à l’AVDEP.

Quelle position a l’AVDEP face à la révision de la loi sur l’enseignement privé ?

C’est un sujet d’importance puisque la loi sur l’enseignement privé, la LEPr, date de juin 1984 et n’a jamais connu de réforme jusque-là. Un volet touche plus spécialement les écoles privées tandis qu’un autre concerne les élèves scolarisés à la maison au sein du projet de loi.
Cette révision était en discussion depuis plusieurs années et il était nécessaire que la nouvelle loi voie le jour pour que l’avenir soit clairement établi dans les relations entre les écoles privées et l’État. Nous avons bon espoir que la réforme de la loi représente un compromis pertinent et pragmatique : elle permettrait ainsi de maintenir des standards élevés de qualité et renforcerait la transparence, tout en préservant la souplesse nécessaire aux écoles privées pour favoriser l’innovation pédagogique et garantir un paysage éducatif diversifié et attractif permettant de répondre aux besoins des familles.
Les écoles sont déjà contrôlées par la Direction générale de l’enseignement obligatoire, notamment en ce qui concerne les autorisations de diriger et d’enseigner.
Tout le monde cherche la qualité de l’enseignement privé et c’est une bonne chose : l’AVDEP est d’ailleurs exigeante par rapport au recrutement de ses membres avec une procédure d’admission qui oblige les membres candidats à avoir au moins deux ans d’ancienneté, entre autres. Les choses ne s’arrêtent pas là : nous restons attentifs à la vie de nos écoles membres, nous sommes à l’écoute des parents qui rencontrent des problèmes.

Et pour la loi sur l’enseignement secondaire supérieur ?

Tout comme le précédent sujet, celui-ci est également de taille. Il peut, s’il est voté, être un tournant essentiel puisque cette loi propose la possibilité aux écoles privées encadrant des élèves préparant la maturité suisse de pouvoir avoir le diplôme gymnasial, une maturité cantonale. Ceci est déjà en place dans des cantons alémaniques ou à Genève. Nous tenons donc plus que tout à ce que le canton de Vaud puisse en profiter également. Le but est que les écoles le souhaitant, aient le droit de se tourner vers l’État pour requérir le même agrément qu’ont actuellement les gymnases cantonaux. Cette ouverture offrirait des perspectives positives et bienvenues pour l’enseignement privé, renforçant ainsi son rôle au service de la diversité éducative.
L’avantage majeur est que la maturité cantonale prend en compte, pour une partie de la note des examens, du contrôle continu alors que la maturité suisse se joue uniquement en un ou deux partiels. On comprend aisément qu’elle est plus difficile à obtenir, demande un réel effort, beaucoup de motivation et de travail aux élèves. Quant à la pression liée au fait que tout se joue en une seule session d’examens, elle est généralement beaucoup plus lourde à supporter. D’où l’intérêt d’une maturité cantonale ouverte aux écoles privées. Là encore, nous sommes suspendus à la suite que va donner l’État, en espérant réellement que cela ira dans ce sens.

Les écoles privées restent-elles élitistes ou au contraire s’ouvrent-elles au plus grand nombre ?

Le monde change, évolue, tout comme la pression du quotidien engendrée pour mille et une raisons face à une société dans laquelle il n’est pas toujours facile de vivre. Pour ces raisons, de plus en plus de parents, quel que soit leur niveau social, se tournent vers les écoles privées pour avoir la certitude que leurs enfants y suivront une scolarité de qualité entourée de valeurs et de respect. Il n’est plus rare aujourd’hui que des familles même vraiment modestes, se tournent vers une école privée pour s’assurer de la qualité de l’enseignement de leur enfant et lui permettre d’avoir un avenir de formation plus ouvert ou plus sûr. Toutes les écoles publiques ne sont pas similaires mais force est de constater que beaucoup se voient submerger par des élèves ayant des besoins et attentes particulières, par exemple. Ceci est une des raisons qui conduit au choix du privé où un enfant ayant un potentiel ou au contraire, rencontrant des difficultés, trouve des réponses concrètes pour avancer, pour apprendre, pour s’instruire autour de projets pédagogiques structurés et reconnus. Nous vivons donc une évolution avérée de l’attrait pour nos établissements et de leur fréquentation.

AVDEP
Route du Lac 2 – CH-1094 Paudex
Tél. +41 58 796 33 00
info@avdep.chwww.avdep.ch