AVMC – Association Valaisanne des Mandataires de la Construction

Joseph Cordonier

Renforcer les actions pour servir les adhérents

Fondée en 2003, l’AVMC est le groupement patronal des bureaux d’architectes et d’ingénieurs de la construction. Anticiper les défis à venir fait partie de ses prérogatives. Avec le lancement le 23 janvier 2018 de l’Observatoire des Marchés Publics Romands, l’organisation et la gestion des appels d’offres publics sont dorénavant scrupuleusement analysées. Bien Vivre a rencontré Joseph Cordonier, président de l’AVMC, pour nous parler des enjeux d’aujourd’hui et de demain.

La question des marchés publics est un problème phare et récurrent. Qu’en est-il ?

La consultation de la nouvelle loi sur les marchés publics a pris fin en septembre 2017. En Valais, avec notre association faîtière, Constructionvalais, nous avons été particulièrement actifs en déposant les amendements nécessaires qui ont été travaillés en commission parlementaire à Berne. Les négociations sont en cours et le projet est prévu pour la session parlementaire en juin prochain. Bien que la loi actuelle laisse un grand champ d’action, son utilisation passive encourage la sous-enchère en privilégiant le prix au détriment des critères de qualité.

Nous nous sommes aperçus qu’une part croissante du travail est réalisée à l’étranger, soit par des entreprises suisses qui ouvrent une filiale hors du pays soit par des bureaux étrangers qui soumissionnent chez nous ou même en sous-traitance. Cela engendre une concurrence déloyale, dans la mesure où ces bureaux ne sont pas soumis aux exigences salariales et légales de la Suisse, ni aux charges en vigueur. Au-delà des emplois et des rentrées fiscales, nous déplorons la perte de savoir-faire qui ne nous permettra plus de mener de grands projets.

En termes de salaires, les écarts sont si importants qu’il nous est impossible de rentrer en concurrence de manière saine. L’expérience nous a montré que la réciprocité n’existe quasiment pas, les bureaux suisses n’obtiennent que dans de rares cas et de manière très spécifique des mandats à l’étranger. Nous avons grand espoir que cette nouvelle loi sur les marchés publics telle que nous la souhaitons soit adoptée et rétablisse un équilibre très attendu. En parallèle, nous avons également participé à la création de l’OMPr.

Qu’est ce que l’OMPr ?

Le 23 janvier dernier, l’Observatoire des Marchés Publics romands a été officiellement lancé. Le terme « romands » pourrait disparaître puisque la Suisse allemande a montré un vif intérêt à notre organisation, comme les cantons de Zurich et de Bâle, qui devraient nous rejoindre prochainement. Cet observatoire a été créé par des associations professionnelles, dont l’AVMC et la SIA (Société Suisse des Ingénieurs et des Architectes).

Dorénavant, tous les appels d’offres de mandats sont soumis à des analystes. Ils réalisent une fiche contenant le résumé du cahier des charges et donnent une appréciation. En un coup d’œil, les patrons des bureaux d’ingénieurs ou d’architectes peuvent estimer de la pertinence et des chances de remporter le marché. Ceci facilite grandement nos sociétés et les incitent, ce qui est notre but, à y participer. Le temps gagné est important et nous espérons que cet Observatoire va permettre à un plus grand nombre de sociétés de se positionner. En parallèle, nous travaillons à la qualité de ces appels d’offre. Le maître d’ouvrage a la possibilité de nous contacter pour s’informer sur les améliorations en fonction des autres expériences et de l’évolution de la jurisprudence.

Comment se porte le marché de la construction ?

La masse de travail est stable, elle nous permet pour l’instant de garder nos collaborateurs dans les bureaux. Le nombre de personnel employé varie peu. Par contre, il est clair que le marché est en totale mutation. Nous passons du spéculatif vers des infrastructures où la qualité du bâti et de son environnement est central. Les projets en montagne sont mieux maîtrisés et la rénovation devient prépondérante. On réhabilite les cabanes de haute et moyenne montagne. On restaure, on rénove en respectant les usages de la région, les matériaux, la culture des lieux. Que cela soit pour les particuliers ou pour des sociétés, des projets à taille humaine voient le jour même dans le tourisme. Anako Lodge dans le Val d’Hérens en est la parfaite illustration. Des mayens ont été rénovés, sans perdre leur âme, ainsi une nouvelle histoire s’écrit pour faire perdurer ces traces du passé.

La nouvelle loi sur les constructions va-t-elle changer beaucoup de choses ?

Entrée en vigueur le 1er janvier 2018, elle permet dès à présent de bénéficier d’une densité favorable. Nous déployons nos efforts pour inciter les communes à adapter, au plus vite, les règlements de construction afin de pouvoir en profiter pleinement. Grâce à cette loi, certaines distances aux limites ont été abolies ce qui ouvre le champ des possibilités pour rénover les centres des villes et villages et les espaces à densifier. La nouvelle loi permet en outre la reconnaissance du droit acquis. Nous pouvons envisager la reconstruction des bâtiments dont le volume joue un rôle positif dans le tissu urbain sans représenter une valeur constructive sur la base d’un relevé de géomètre attestant de son existence. Plus besoin de garder artificiellement certaines parties de bâtiment…, un gage de sécurité avéré.

Qu’en est-il des négociations autour de la convention collective ?

Nous avons abandonné la négociation de cette convention au bénéfice de l’évolution de notre contrat type de travail. Notre volonté est qu’il soit négocié chaque année en termes de salaires pour toutes les professions dont s’occupe l’AVMC : architectes, géomètres, ingénieurs civils, ingénieurs chauffage-ventilation-sanitaire et ingénieurs électriciens. Des discussions sont menées entre une commission de l’AVMC et le Service de la Protection des Travailleurs. Nous cherchons à le rendre obligatoire pour tous les bureaux d’études du Valais mais aussi pour tous les mandats dont le chantier est réalisé sur le territoire valaisan car nous savons qu’il aidera à lutter contre la sous-enchère. Nous appelons de tous nos vœux pour que ce projet soit accepté par le Conseil d’Etat.

Joseph Cordonier • Architecte HES

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