AVPEE – Association valaisanne des producteurs d’énergie électrique

Stéphane Maret

 

Lutter au quotidien pour la sécurité de tous

Créée en 1960, l’Association valaisanne des producteurs d’énergie électrique, AVPEE, a pour mission de renforcer les contacts entre ses membres, 44 au total, représentant quelque 95% de la force hydraulique du canton, ainsi que de développer et de défendre leurs intérêts. Les enjeux sont nombreux. Elle s’implique particulièrement dans la mise en place de divers axes de communication pour informer le grand public de la dangerosité de certains cours d’eau. Pour nous en parler, Bien Vivre a rencontré son nouveau président, Stéphane Maret.

Vous êtes le nouveau président de l’AVPEE, merci de vous présenter en quelques mots

Je suis valaisan et ingénieur électricien de formation. Aujourd’hui, j’occupe le poste de directeur général des FMV (Forces motrices valaisannes). Membre de l’AVPEE, suite au départ d’Amédée Kronig, j’ai été élu par l’Assemblée générale, président de l’association en mai 2021.

Comment est organisée l’AVPEE ?

L’AVPEE est une association à but non lucratif qui a plus de 60 ans. Elle réunit toute personne physique, société ou collectivité publique possédant ou exploitant directement pour des producteurs une ou plusieurs centrales électriques en Valais. Nous ouvrons nos portes aujourd’hui aux producteurs d’énergies photovoltaïque et éolienne, la large majorité de nos membres se trouvant dans l’hydraulique. Pour la conduire, un comité constitué de 5 représentants de membres est élu par l’Assemblée générale.

Quelles sont les missions de l’AVPEE ?

Parmi nos missions, agir pour la proximité entre nos membres nous est important. Elle permet à ces derniers d’échanger sur leurs expériences et leurs compétences lors de rencontres. A cet effet, nous organisons chaque année une journée technique, entièrement dévolue au personnel d’exploitation, sur un thème donné. La prochaine édition aura lieu en novembre 2021 et nous débattrons, alors, avec des intervenants sur un sujet qui nous préoccupe. Plusieurs thématiques seront décortiquées sous toutes leurs facettes, tant du point de vue exploitation hydroélectrique, touristique que juridique. Dans un autre ordre d’idée, nous sommes régulièrement consultés par les Autorités cantonales pour donner notre point de vue sur des sujets concernant la production de l’énergie électrique. Parmi nos enjeux, il y a la défense des intérêts de nos membres c’est pourquoi nous portons toujours un œil sur l’évolution des obligations légales et plus spécialement aujourd’hui dans le contexte de la sortie des énergies fossiles. L’AVPEE est représentée au sein de la Commission paritaire d’experts, organisme cantonal en charge de la surveillance du bon suivi et du bon entretien des installations hydroélectriques.

Pouvez-vous nous parler du projet MINERVE ?

MINERVE (Modélisation des Intempéries de Nature Extrême du Rhône Valaisan et de leurs effets) est un projet qui a été lancé par le Canton du Valais à la suite de la crue dévastatrice d’octobre 2000. Afin d’anticiper ce type d’événement et de prévenir les catastrophes liées, un concept global de protection contre ces crues du Rhône a été établi. Le but consiste à utiliser les capacités de rétention des ouvrages à accumulation afin, lors de précipitations abondantes, de retenir les eaux en amont des affluents du Rhône et, ainsi, de préserver la plaine du Rhône d’inondations dévastatrices. Les conventions y relatives, liant le Canton et les propriétaires des aménagements hydroélectriques les plus importants, sont en cours de réflexion.

Eviter les accidents dans les cours d’eau par rapport à la montée des eaux est une préoccupation permanente. Quelles actions sont menées ?

Le Valais, par sa position, accueille de nombreux cours d’eau. Notre objectif est de travailler de manière pédagogique pour que chacun soit informé de ce qui peut s’y passer. En effet, des lâchers d’eaux au niveau des points de captage (prises d’eau) et parfois des barrages peuvent survenir à chaque instant, de jour comme de nuit, et par n’importe quelle météo. Ils ne sont pas directement contrôlés par les hommes, des systèmes automatiques intégrés les régulent, raison pour laquelle les eaux peuvent monter très vite et ce, dans de nombreux endroits. Nous mettons tout en œuvre pour informer les gens par la présence de panneaux avertissant de cette dangerosité, notamment. Parce qu’ils ne suffisent pas, nous employons, chaque été, des étudiants qui se transforment en sentinelles. Ils vont au-devant des personnes présentes pour les informer des dangers potentiels. Ce type d’échange, qui se fait en toute convivialité, plaît beaucoup aux randonneurs et aux familles. Les jeunes y trouvent également leur compte car ils savent qu’ils sont utiles et parent à de potentiels accidents par les conseils qu’ils dispensent. Par ailleurs, nous faisons également des annonces dans la presse, diffusons des messages sur les radios et finançons des bannières qui apparaissent à l’ouverture d’applications de smartphones. Notre but n’est pas d’interdire l’accès à tous les cours d’eau et aux loisirs qui peuvent s’y dérouler comme le rafting, le paddle ou encore le canyoning mais d’encadrer les choses. Notre nature est belle, il faut la savourer pleinement et ce, en toute sécurité et connaissance de cause.

AVPEE
p.a. FMV

Rue de la Dixence 9 • CH-1950 Sion

Tél. +41 27 327 45 00

www.avpee.ch

 

Photo principale : © Forces Motrices de Mauvoisin SA