CCIF – Chambre de commerce et d’industrie

Chantal Robin

 

Une présence de tous les instants, sur tous les fronts

Toujours active et proche de ses membres, la CCIF a été confrontée à une situation unique devant la pandémie. Dès le début de l’année 2020, consciente du tremblement de terre qui allait toucher l’économie, elle a mis en place des actions pour soutenir les entreprises, les assister, répondre à leurs questions, les accompagner. Tout en étant un lien et un partenaire privilégiés, elle a continué, malgré tout, à avancer et à regarder vers demain en travaillant également sur la formation des jeunes et l’innovation, un domaine qui fait partie de son ADN. Pour nous expliquer son investissement, son implication et la situation actuelle du canton, Bien Vivre a rencontré Chantal Robin, directrice de la CCIF.

Comment avez-vous fait pour être en lien direct avec les entreprises durant la pandémie et connaître leurs attentes et leurs besoins ?

Dès le début, à l’hiver 2020, tout laissait à penser que nous allions vers des moments uniques et graves. Nous n’avons pas attendu et avons actionné notre observatoire de l’économie, en mars. Cet organe regroupe 70 entreprises fribourgeoises qui ont accepté, en seulement une semaine, de répondre à beaucoup de questions. Issues de nombreux domaines d’activités, de tailles différentes, grâce à elles, nous avons de suite eu une vision d’ensemble, un reflet réel de la situation du terrain.

A partir de là, nous avons analysé l’ensemble et pu fournir un guide pour apporter des solutions à nos membres. De notre côté, cette enquête nous a également servi pour aller devant les autorités cantonales, en avril, et déployer des propositions pour un plan de relance. Durant tout l’été, nous avons travaillé de concert avec les politiques qui ont par la suite présenté le projet aux députés du Grand Conseil. Dans le même temps, nous décortiquions les ordonnances fédérales et locales pour synthétiser et apporter un maximum de réponses à toutes les questions qu’elles engendraient.

Vous avez été proche de l’OCC. Comment ?

Dès février 2020, nous avons été mobilisés par l’organe cantonal de conduite (OCC) qui assure la gestion d’événements hors normes, comme cette pandémie. Si la Confédération était à la manœuvre, au niveau cantonal, l’OCC était également en situation extraordinaire. De notre côté, en étant proche de nos membres, en les écoutant, en répondant à toutes leurs questions, nous avions des remontées du terrain qui étaient au plus justes. Nous avons ainsi pu faire part de la situation économique à l’OCC ce qui était très important pour faire évoluer les choses. Nous étions un lien fort.

Qu’en est-il de vos autres domaines d’action comme le réseautage, l’innovation, les formations ?

Nous avons tout mis en œuvre pour ne jamais annuler quoi que ce soit. Evidemment, la pandémie nous a obligés à revoir les choses d’une manière différente. Ainsi pour notre événement phare de l’année, l’apéritif du Printemps, qui accueille chaque année plus de 1000 personnes, voilà déjà deux fois que nous le reportons. Il est dorénavant programmé pour l’automne prochain, enfin nous l’espérons. Concernant l’innovation, qui nous tient vraiment à cœur, nous avons renforcé nos actions en créant un service et en embauchant un conseiller facilitateur en gestion d’innovation. En d’autres termes, une personne qui a pour but de percevoir les besoins, les stimuler et mettre en place un réseau afin de générer des collaborations entre les entreprises. Nous nous étions déjà rapprochés des grandes écoles et de toutes les entités liées au sujet. Avec ce nouveau poste, cela nous a permis de constater et de renforcer notre idée que la digitalisation présentait encore beaucoup de failles chez un grand nombre. Parce que les entreprises concernées en sont également conscientes, nous allons les aider et les assister pour améliorer les choses et avancer. Pour la formation, là encore, nous avons dû réagir, rebondir et aller de l’avant en très peu de temps. Ainsi, l’Association du forum des métiers, Start !, a entièrement été revue sous un format digital, et non plus présentiel. Nous avons été responsable de la réalisation de ce projet.

Est-ce que Start !, forum des métiers, sous un format virtuel, a été un succès ?

Même si une situation aussi grave que celle engendrée par la pandémie affaiblit l’économie, nous savons tous que cela ne sera pas éternel. Il était donc impossible de ne pas permettre aux jeunes en recherche d’une formation d’aller de l’avant. Start ! était prévu en février, nous avons pourtant dû prendre la décision de l’annuler en novembre 2020, tout étant trop aléatoire quant à la possibilité d’accueillir du public. A ce moment-là, tout était prêt, plus de 1100 heures de travail y avait déjà été consacrées. Pour autant, nous avons décidé de le proposer sous une forme digitale avec des rencontres virtuelles, des visites, des conférences… une autre approche qui a nécessité de nouveau beaucoup d’énergie, quelques 900 heures, mais le jeu en valait la chandelle. En effet, les élèves avaient l’obligation, durant une journée de télétravail dédiée, de se connecter à la plateforme et de se balader dans les différents pôles de métier. Ainsi, ce jour-là, 10 500 jeunes ont répondu présents, des jeunes qui sont revenus par la suite visiter les différents secteurs, discuter avec les professionnels, ce qui nous a valu au total quelques 52 000 connections. Ce chiffre prouve qu’il était nécessaire de maintenir ce forum qui est prévu sous un format « normal » en janvier prochain même si nous réfléchissons et analysons cette édition virtuelle pour voir si elle peut perdurer.

Et demain ?

Vous l’aurez compris, nous avons tout mis en œuvre pour aider, appuyer, assister nos membres et l’entièreté de l’économie du canton. Aujourd’hui, la situation est difficile mais moins pire que nous l’imaginions. Si certains secteurs ont été très durement touchés, comme l’hôtellerie urbaine ou encore la restauration, par exemple, d’autres ont pu continuer à travailler comme la construction ou encore l’alimentation. Pour tous, par contre, il est difficile de se projeter vers demain. Les sociétés exportatrices sont bloquées et ne peuvent pas aller à l’étranger ou très difficilement, d’autres repoussent des investissements prévus faute de visibilité. Pourtant, tous n’ont qu’une envie, qu’un souhait : repartir et la CCIF sera toujours à leurs côtés pour les aider dans ce sens. Tout est résumé dans notre carte de vœux, que nous avons voulu comme un message d’espoir, avec cette phrase du philosophe Sénèque : « La vie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est d’apprendre à danser sous la pluie ».

Chambre de commerce et d’industrie du canton de Fribourg (CCIF)
Route du Jura 37 • CH-1701 Fribourg
Tél. +41 26 347 12 20
info@ccif.chwww.ccif.ch