11 Fév Compagnie de chemin de fer Nyon-St-Cergue-Morez SA
Deux compagnies innovantes qui accompagnent le quotidien de milliers de personnes
La compagnie de chemin de fer Nyon – St-Cergue – Morez SA et les Transports publics nyonnais incarnent un service public engagé au cœur de leur région. Pour répondre à une demande croissante, elles élèvent sans cesse leurs standards avec, par exemple, la rénovation complète des gares, une transition progressive du diesel vers l’électrique pour les bus, et l’inauguration d’un dépôt nouvelle génération à Trélex pour les trains. Plongée au cœur de deux entités dont l’ambition demeure la même : offrir une mobilité irréprochable à un nombre d’usagers en constante augmentation.
Une fusion pour plus d’efficience
La fusion juridique entre NStCM et TPN est récente, elle est effective depuis mai 2025. Un changement logique et cohérent plutôt que révolutionnaire puisque la direction était déjà partagée. L’objectif ? Cette unification n’a pas connu d’incidence négative puisqu’aucun licenciement n’a eu lieu et aucun poste n’a été supprimé l’unique objectif était de gagner en efficacité. Au contraire, elle s’inscrit dans une dynamique de développement et de renforcement de l’entreprise. En interne, l’organisation est aujourd’hui plus fluide, tandis que, pour les clients, rien ne change. Les deux marques sont d’ailleurs préservées, TPN pour les bus, NStCM pour le train, afin de conserver la lisibilité et l’identité de chacune.
Un panel de métiers
L’entreprise rassemble 67 métiers, un éventail bien plus large qu’on ne l’imagine puisqu’il englobe, entre autres, des électriciens, des monteurs de voies et de lignes caténaires, des chaudronniers, des conducteurs de bus ou encore des chefs régulateurs. Au total, 207 collaborateurs participent au fonctionnement quotidien. La polyvalence y est également présente puisque certains mécaniciens de locomotives sont également conducteurs de bus, d’autres cumulent plusieurs compétences techniques. Un fonctionnement souple et efficient, porté par des équipes aux parcours riches et pluriels.
Des travaux d’importance dans les gares et sur les rails
En 2025, l’actualité majeure fut l’achèvement, en décembre, de la rénovation de la gare de Genolier, un chantier d’envergure sur une ligne ferroviaire centenaire, inaugurée en 1916. Ce projet s’inscrit dans un vaste programme, lancé il y a plus de dix ans, visant la modernisation complète des haltes et des gares. Financé par l’Office fédéral des transports, il a pour objectifs prioritaires la sécurité et l’accessibilité, notamment grâce à la mise aux normes LHand qui exige des quais adaptés, des hauteurs harmonisées et des accès facilités pour les personnes à mobilité réduite. Après Genolier, viendra le temps d’enchaîner avec Le Muids en 2027. À terme, dix à douze gares et haltes seront ainsi entièrement rénovées, chacune selon son rôle : les gares pour les croisements, les haltes sur voie unique pour les arrêts intermédiaires. Parallèlement, l’ensemble de la ligne ferroviaire sera remis à niveau d’ici 2035. Ces investissements accompagnent une fréquentation en forte hausse, une localité comme Saint-Cergue connaissant une croissance remarquable. L’objectif est clair, offrir une desserte plus dense et fluide, depuis la plaine jusqu’au villages d’altitude, avec un terminus situé à La Cure, à la frontière franco-suisse.
Des trains dernière génération, des bus qui vont évoluer vers l’électrique et le passé qui ressurgit
D’autres projets majeurs se dessinent. Du côté des TPN, la transition vers une flotte de bus électriques est en cours. 38 véhicules composent aujourd’hui le parc. Le premier modèle électrique arrivera dans le courant de l’année, amorçant ainsi, une évolution progressive et maîtrisée.
Par ailleurs, sur la ligne Nyon – St-Cergue, 10 rames Stadler Rail, entièrement neuves, circulent depuis 10 ans maintenant, remplaçant les anciennes des années 1980. Climatisées, confortables et conformes aux standards des lignes métriques suisses, elles offrent une expérience moderne et homogène. Parce qu’aller toujours plus loin est définitivement dans les gênes de l’entreprise, cette dernière nourrit aussi une ambition patrimoniale. En effet, elle travaille conjointement avec l’association Nyon – St-Cergue Rétro (NStCR) qui restaure une rame d’origine datant des années 1916-1920. L’objectif est de la remettre en circulation, pas à pas, avec pour ambition d’emprunter l’intégralité de la ligne à horizon 2027. Le but est de faire cohabiter sur le réseau l’ultra-moderne et le charme historique. Tout laisse à penser que déjà le succès est assuré !
Un nouveau dépôt d’envergure pour le NStCM
Le développement des infrastructures constitue un axe majeur pour les années à venir. En juin prochain, l’entreprise emménagera à Trélex dans un nouveau dépôt-atelier conçu pour rassembler la majorité des collaborateurs, en particulier ceux du secteur ferroviaire. Le bâtiment actuel situé aux Plantaz à Nyon, centenaire, n’est plus conforme aux exigences de sécurité et d’infrastructures modernes. Il laissera place à un ensemble neuf, pensé sur mesure pour les besoins présents et futurs. Les équipes administratives y seront également réunies afin de centraliser les activités, fluidifier l’organisation et offrir un environnement de travail cohérent et performant. Ce nouveau site, véritable centre d’excellence ferroviaire, se composera d’un bâtiment administratif ainsi que d’une vaste halle de maintenance et de stockage.
Et demain?
L’objectif est de poursuivre la dynamique existante soit de relever les défis de 2026 et les grands projets qui l’accompagnent, de développer de nouveaux services et de renforcer l’attractivité. En décembre 2023, deux lignes transfrontalières desservant la France ont été reprises. Elles ont ouvert de nouvelles perspectives, contribuant clairement à la hausse de la fréquentation. Le potentiel de développement reste donc important, surtout pour les lignes de bus, plus simples à créer. Côté ferroviaire, l’ambition ultime serait la remise en service du tronçon français, au-delà de La Cure, afin de retrouver le tracé historique Nyon – St-Cergue – La Cure – Morez. Cette dernière section a fonctionné jusqu’en 1956, année où le trafic côté français s’est arrêté. Reste à savoir si un jour, ce pays acceptera d’envisager sa renaissance. Pour l’instant, aucune discussion n’est engagée. Pour autant, le NStCM comme les TPN ne manquent pas d’idées et d’ambition pour rester des compagnies de qualité appréciées de tous les usagers.
NStCM-TPN
Rue de la Gare 45 – CH-1260 Nyon
Tél. +41 22 994 28 40
info@tprnov.ch – www.tprnov.ch
Interview
EMMANUEL LAURENT
DIRECTEUR GÉNÉRAL
NStCM / TPN
Agir au quotidien pour des services de qualité
Emmanuel Laurent, directeur général de NStCM et TPN depuis 2023, met tout en œuvre, avec ses équipes, pour aller toujours plus loin dans la qualité des prestations proposées, tant dans les bus que sur les rails. Pour comprendre les enjeux d’aujourd’hui et les projets de demain, Bien Vivre est allé à sa rencontre.
En quelques mots, quel est votre parcours professionnel?
Depuis 30 ans, je travaille dans les transports publics, d’abord en France, à la SNCF et à Réseau ferré de France comme ingénieur puis directeur des ressources humaines, des expériences variées. J’ai également été directeur régional de RFF en Centre-Val-de-Loire et Limousin et directeur délégué santé et sécurité au groupe SNCF. Puis un jour, un chasseur de tête m’a proposé un défi en Suisse et j’ai rejoint Lausanne comme responsable sécurité aux transports lausannois. En 2022, j’ai candidaté à la direction des NStCM et TPN. Suite au processus de sélection, les deux conseils d’administration m’ont confié le mandat de directeur général des deux entités depuis 2023.
Vous êtes arrivé à ce poste avec une demande de continuité ou des demandes spécifiques avec des ambitions bien définies?
Beaucoup de choses étaient à mener à leur terme, d’autres à construire mais la priorité d’alors était de reconquérir les clients perdus pendant le Covid et de revenir aux niveaux d’avant pandémie. Il s’agissait également de stabiliser une société ayant connu des turbulences et de de fusionner les deux entités NStCM et TPN, dans un souci d’efficience, ce qui a été réalisé en mai 2025. Par ailleurs, avec mes équipes, la construction du dépôt-atelier de Trélex a continué à avancer, à notre plus grande satisfaction, tout comme le projet à long terme visant à rénover chaque gare au fil du temps. Les bus ne sont pas en reste puisqu’une décarbonation de la flotte a été amorcée. Aujourd’hui, je peux parler de contexte de croissance puisque nous comptons un million de voyageurs supplémentaires, en 5 ans, ce qui est loin d’être un chiffre anodin. Sur cette même période, nous sommes passés de 170 collaborateurs à 210. Parce que tout le monde s’investit, nous avons obtenu la certification ISO 9001, certifiant un management de qualité et nous avons renégocié et signé une nouvelle convention collective de travail, assurant ainsi continuité, qualité et développement pour l’avenir.
Êtes-vous amené à devoir relever des défis particuliers annuellement?
Des défis, je serai tenté de vous dire qu’il y en a régulièrement mais pour répondre plus précisément à votre question, je vais vous parler de celui qui nous accapare tous chaque mois de juillet, puisque nous gérons les transports de milliers de personnes pour le Paléo Festival. À l’occasion de cet événement majeur, plus de 180’000 festivaliers utilisent notre train, soit quelque 40’000 par jour pendant cinq jours. De plus, nous déployons des bus pour les conduire sur le site depuis la gare de Nyon, centre névralgique de tous les départs et retours. Vous l’aurez compris ceci demande une préparation intense de l’ensemble du personnel. En soi, ceci est déjà un grand défi mais auquel peut s’ajouter un véritable challenge ! En 2024, un orage a inondé une partie de nos installations cinq semaines avant le festival, exigeant une gestion de crise pour réparer entièrement le centre administratif et assurer le service. Nous avons relevé avec succès ce souci d’envergure, démontrant notre capacité à conjuguer organisation, réactivité et qualité de service.
Au niveau du personnel, que faites-vous pour susciter des vocations?
Parmi nos défis actuels, le développement de l’inclusion est central. Nous comptons encore peu de femmes conductrices de bus ou mécaniciennes de locomotives, et nos métiers techniques restent largement masculins. L’objectif est d’attirer des collaboratrices reflétant notre clientèle, en adaptant horaires et temps partiels pour concilier travail et vie familiale. Autre de nos volontés, intéresser la jeunesse. Pour cela, nous intervenons notamment dans les écoles de la région ou encore les salons des métiers. L’objectif étant de mettre en avant les débouchée des métiers cachés du transports avec notamment la mécanique, la régulation du trafic ou encore les métiers d’entretien de la voie.
Pour demain, quelles sont les missions qu’on a pu vous déléguer ou que vous aimeriez mettre en place?
Nos défis pour l’avenir sont nombreux et ambitieux. Nous voulons continuer à augmenter le nombre de voyageurs et à développer le transport public, avec une attention particulière au report modal et à la qualité du service. La décarbonation de notre flotte de bus, en passant progressivement du diesel à l’électrique, constitue une priorité majeure pour répondre aux enjeux environnementaux. Par ailleurs, la ligne de chemin de fer, dont les infrastructures et la signalisation datent des années 1980, nécessite des travaux lourds et planifiés, impliquant des fermetures partielles et des opérations ciblées afin de la régénérer. Nous travaillons aussi au développement de nouveaux services et au renforcement de l’attractivité des lignes existantes avec des fréquences augmentées. Pour nous y aider, le dépôt-atelier de Trélex, dont l’ouverture est programmée en juin prochain, sera un centre d’excellence ferroviaire, avec des moyens pouvant être partagés avec d’autres compagnies vaudoises et romandes. Enfin, des projets à très long terme, comme la réouverture complète de la ligne d’origine allant jusqu’à Morez, offrent un potentiel stratégique pour renforcer la connectivité transfrontalière et l’attractivité régionale. Ces initiatives reflètent notre volonté de conjuguer expansion, qualité de service et innovation pour un transport public durable et performant.
