FEGEMS – Fédération genevoise des établissements médico-sociaux

Anne-Laure Repond

 

Réinventer les services aux personnes âgées

Fondée en 1998, la FEGEMS (Fédération genevoise des établissements médico-sociaux) met tout en œuvre pour respecter la diversité des EMS, avoir pour tous une cohésion et des valeurs communes, valoriser l’image des établissements, former du personnel pour assurer une qualité exemplaire, diversifier les prestations et s’interroger en permanence afin de trouver des solutions pour répondre aux besoins d’une population toujours plus vieillissante. Pour connaître les enjeux qui entourent le secteur, Bien Vivre a rencontré sa secrétaire générale, Anne-Laure Repond.

Pouvez-vous nous parler de la FEGEMS en quelques mots ?

La FEGEMS, association à but non lucratif, a vu le jour en 1998 sur la suggestion du Conseil d’Etat qui souhaitait n’avoir qu’un seul interlocuteur pour relayer les informations, les demandes ou encore les problèmes liés aux EMS. De là ont été créés une convention collective de travail, un instrument d’évaluation des soins requis et la charte éthique de la FEGEMS. Aujourd’hui, la Fondation compte 47 membres et autant de structures différentes à gérer puisque certaines sont de droit public, d’autres de droit privé, organisées en SA ou appartenant à des fondations et des associations. Pour autant, toutes défendent les valeurs instaurées par notre charte et mettent tout en œuvre pour assurer aux personnes âgées, un accompagnement et des soins adaptés et de qualité.

Quels sont les buts et actions menées par la FEGEMS ?

Si je devais les résumer en quelques mots, je dirais : appuyer ses membres dans leurs missions. Evidemment, cela implique de nombreuses choses ! Nous veillons à ce que les EMS membres garantissent des prestations d’un haut niveau de qualité, respectent la charte éthique ainsi que la convention collective du secteur, forment leur personnel, contribuent à la relève et bien sûr stimulent la réflexion sur l’accompagnement de la personne âgée. La Fondation favorise le travail collaboratif par la constitution de groupes de travail dédiés à des dossiers et des projets particuliers. L’échange nous est primordial. Défendre le travail en réseau des membres et leur permettre d’anticiper les évolutions du secteur est une des réponses que nous apportons face aux problèmes liés au domaine tout comme notre place prépondérante auprès des partenaires et des relais d’opinion. Vous l’aurez compris, les tâches sont nombreuses et variées. Ainsi, nous pouvons tout autant intervenir sur des recommandations en matière de suicide assisté que répondre à des questions d’ordre juridique ou encore offrir une multitude de formations spécifiques pour que les personnels soient toujours au meilleur niveau.

Genève compte-t-elle aujourd’hui suffisamment de places pour accueillir les personnes âgées ?

Malheureusement non ! Aujourd’hui, le taux d’occupation est de 100%. Au total, le canton compte quelque 3500 lits et nous avons plus de 200 personnes en liste d’attente. Il nous faut donc réfléchir à de nouvelles pistes, à de nouvelles méthodes de travail, à de nouvelles offres. La population est vieillissante et le défi n’en sera que plus difficile à relever si nous n’agissons pas rapidement.

Face à cette pénurie, comment faire ?

Il faut revoir le modèle et dans cette optique le canton mise sur une politique de soins à domicile forte et souhaite développer les structures intermédiaires comme des lieux d’accueil de jour ou de nuit ou encore des habitats protégés et/ou intergénérationnels. Si jusque-là, les personnes âgées allaient dans les EMS, il faut maintenant que ces derniers aillent à elles. Les questions de logistique, de besoin en personnel, de coûts… sont évidemment à prendre en compte et compliquées mais nous espérons pouvoir aller le plus loin possible dans ce sens. Par ailleurs, différents projets novateurs sont en cours ou ont vu le jour comme le projet de l’Adret à Lancy qui ouvrira ses portes en juin 2020. Il s’agit d’une structure d’habitations à vocation intergénérationnelle qui accueillera des séniors, des étudiants ou encore une crèche. La structure mettra à disposition des aînés diverses prestations d’accompagnement tout au long de l’évolution de leur état de santé et de leur autonomie, afin de valoriser un maintien à domicile le plus confortable possible. Le décloisonnement est une des solutions, en voilà l’exemple type.

Est-il difficile de former et recruter dans le domaine du grand âge ?

Globalement, nous trouvons du personnel même si le secteur n’est pas celui qui connaît la plus grande attractivité. La FEGEMS propose de multiples formations aux collaboratrices et collaborateurs car ce domaine d’activité demande de nombreuses compétences, notamment en matière de soins palliatifs, de démence, d’ergomotricité et autres connaissances spécifiques. Dans le domaine de la formation et de l’insertion professionnelle, la Fédération pilote un dispositif pour les personnes au chômage ou de l’Hospice général. Son objectif est double puisque, d’une part il permet à des personnes sans qualification de réintégrer le marché du travail, d’autre part d’offrir aux EMS des collaboratrices et collaborateurs spécialement formés à l’accompagnement des personnes âgées. Après une année, les chiffres parlent d’eux-mêmes puisque 5 bénéficiaires sur 7 ont un trouvé emploi et d’autres vont suivre.

Comment voyez-vous la prise en charge des personnes âgées dans le futur ?

Beaucoup de réponses résident dans mes précédents propos. L’arrivée de nouveaux EMS n’est pas d’actualité. Les solutions résident davantage dans la refonte du modèle traditionnel de l’EMS. Les initiatives qui favorisent l’ouverture des structures et la diversification des prestations s’inscrivent en faveur du maintien à domicile, avec les soins nécessaires, conformément au souhait exprimé par la majorité des personnes. Les EMS sont donc appelés à jouer un rôle plus large, à fonctionner comme une entreprise de services de proximité, à élargir leurs prestations. Plus que jamais la FEGEMS a toute son importance et son rôle à jouer en fédérant, en réunissant, en débattant, en formant et en assurant une écoute de tous les instants à ses membres.

FEGEMS
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