FSFL – Fédération des sociétés fribourgeoises de laiterie

Un fil rouge depuis plus de 100 ans : le prix du lait !

La FSFL compte dans ses rangs 1395 producteurs de lait, 879 pour le lait de fromagerie et 516 pour le lait de centrale. Environ 308,3 mio de kilos de lait sont produits par les producteurs membres (42% en lait de centrale et 58% en lait de fromagerie). De plus, la FSFL assume la gestion des quantités pour 898 producteurs hors canton et non-membres qui livrent principalement leur lait à Cremo SA. Au total ce sont plus de 400 mio de kilos de lait qui sont sous gestion à la FSFL. Depuis plus de 100 ans, la FSFL s’est donnée comme mission d’améliorer la mise en valeur du lait et des produits laitiers afin d’obtenir un prix couvrant les frais de production. Troisième plus grande fédération suisse du secteur, son travail est vital pour ses membres. Pour discuter des enjeux, Bien Vivre a rencontré Monsieur Yerly, son président, et Monsieur Brodard, son directeur.

Quelle est l’histoire de la FSFL ?

Fondée le 13 juin 1915 à Bulle, 40 sociétés de laiterie étaient alors partenaires de la « Fédération Zone de la Montagne ». Après des décennies en dents de scie, dues aux guerres, durant les années 50, toujours entre haut et bas, les choses s’équilibrent dans une satisfaction modeste. En janvier 1973, 68 sociétés appartenant à la Fédération vaudoise fribourgeoise et 6 de la Fédération du Léman viennent agrandir la famille des producteurs fribourgeois. Un apport annuel supplémentaire de 50 millions de kilos de lait. Le 27 avril 1981, la Fédération change de nom et devient Fédération des sociétés fribourgeoises de laiterie. Tous les producteurs de lait membres de la FSFL le sont au travers de leurs sociétés de laiterie respectives. De 1977 à 2009, l’arrêté du Conseil fédéral pour un contingentement laitier n’a pas modifié la mission de la fédération mais il a considérablement accru les tâches du bureau. Dans le même temps, la FSFL a pris des participations dans diverses entreprises comme Cremo qu’elle sauvera d’une mauvaise passe en 1994 et dont elle détient aujourd’hui 47% du capital-actions ; Fromage Gruyère SA ; la société coopérative Laiterie de Gruyères ; Vacherin fribourgeois SA et la Holding des Producteurs suisses de lait. En 2015, elle a fêté ses 100 ans. Aujourd’hui, la FSFL a toujours pour objectif de protéger ses producteurs et de trouver de justes prix pour le lait. Pour ce faire, elle compte 6 collaborateurs.

Pourquoi la FSFL est importante pour les producteurs ?

Les enjeux qui entourent la FSFL sont nombreux et tournent toujours autour des mêmes buts, réunir les producteurs pour être plus forts et défendre les prix du lait. Dans un canton, où l’agriculture tient un rôle majeur, la part du secteur est importante. Ainsi en 10 ans, le nombre de producteurs a baissé de -12,2% et durant la même période leurs livraisons moyennes ont progressé de 168 200 kg à 242 753 kg, alors que la moyenne suisse est de 170 676 kg par exploitation.

Pour le lait de centrale, tous les 3 mois, l’Interprofession du lait composée des transformateurs et de la grande distribution d’une part et des producteurs de lait d’autre part, se réunit pour établir les tarifs indicatifs du lait, ce qui est unique au monde.

Pour le lait de centrale, beaucoup de travail entoure de régulières négociations qui se mènent avec les associations de producteurs de lait de Cremo, Milco, Nestlé et Elsa. Dans un autre registre, la FSFL s’investit pour la gestion des sociétés de laiterie. Ainsi, elle apporte des conseils aux sociétés de laiterie qui veulent investir ou fusionner. Par ailleurs, la Fédération offre un service lié aux différentes obligations comptables et apporte du conseil comme le ferait une fiduciaire. Concernant la rénovation de bâtiments ou autres travaux d’importance, elle donne de son temps en étudiant toutes les facettes du projet jusqu’aux contacts avec les services de l’agriculture qui gèrent les aides. Pour finir, elle apporte aussi son soutien pour régler des dissolutions ou des liquidations de sociétés. L’ensemble de ces prestations et conseils est très apprécié par les producteurs.

Comment est défini le prix du lait ?

Il faut savoir que le lait peut être commercialisé dans deux canaux, en fromagerie ou en centrale. L’interprofession du lait a déterminé 3 segments distincts pour le lait produit en Suisse auxquels s’ajoutent un prix indicatif pour le lait transformé en fromage (prix LTO+)

Au 1er août 2019, le prix du lait dans le segment A (produits laitiers à forte valeur ajoutée, protégés par des droits de douane ou soutenus par des contributions) était de 68 ct par kilo, celui du segment B (produits laitiers à valeur ajoutée limitée ou soumis à forte concurrence, sans protection et sans soutien, à l’exception du lait d’industrie transformé en fromages destinés à l’exportation) était de 50,3 ct par kilo et celui du segment C (produits de régulation et de désengorgement ne bénéficiant d’aucun soutien) était quant à lui à 28,1 ct par kilo de lait.

Le prix LTO+ qui sert à la transformation pour divers fromages était au 1er juin 2019 à 52,3 ct par kilo de lait.

La modification des conditions valant pour l’achat de lait A et B le mois suivant doit être annoncée individuellement pour chaque segment jusqu’au 20 du mois en cours.

A l’échelon national, la proportion de lait commercialisé en segment A représentait 84,9% de la production totale (14,7% pour le segment B et 0,5% pour le segment C).

A ces tarifs discutés tous les 3 mois s’ajoutent des suppléments donnés par la Confédération pour le lait transformé en fromage (déjà compris dans LTO+) et pour le lait de non-ensilage.

Les négociations avec la grande distribution sont souvent très ardues. 4 groupes de négociations représentant les 4 associations de producteurs issus de la FSFL négocient les tarifs avec leurs acheteurs. Pour l’Association des producteurs de lait Cremo (APLC) et ses 1204 membres, les discussions sont mensuelles autant pour les prix que les quantités ; Chez Milco (APLM) les mêmes tarifs que Cremo sont appliqués pour les 70 exploitations qui lui livrent du lait conventionnel et les 15 du lait bio. En ce qui concerne Nestlé Broc (APLN) le lait livré correspond au Label IP Suisse (logo à la coccinelle) et bénéficie d’un supplément de 5 centimes par kilo de lait. En ce qui concerne les producteurs livrant à ELSA (APLE), ils fournissent du lait destiné majoritairement au canal Migros. A chaque fluctuation du prix indicatif du lait du segment A, une renégociation des prix est nécessaire avec chaque acheteur.

Pouvez-vous nous en dire plus sur « tapis vert » ?

Le comité de l’IP Lait a décidé d’introduire un standard sectoriel pour le lait de centrale durable. Il inclut les avantages prouvés du lait suisse notamment concernant le bien-être animal, l’affouragement, la provenance du fourrage, la transformation et le commerce afin de permettre à la branche laitière de se positionner de manière uniforme sur le marché et de mettre en avant la valeur ajoutée du lait indigène. Un délai de quatre ans a été fixé pour qu’à terme tout le lait produit en Suisse remplisse les nouvelles exigences une fois le délai passé. Sous le nom « Swissmilk green », depuis le 13 août 2019, date de signature de sa charte, il se veut gage de qualité. La FSFL aura pour mission de veiller et de lutter pour que les centimes supplémentaires que doivent recevoir les producteurs pour ce lait ne se voient pas mis à néant par la grande distribution qui ne jouerait pas le jeu. Un nouveau défi pour notre « vieille dame » qui a déjà su montrer, qu’en matière de défense des producteurs, elle sait être à la hauteur !

Fédération des sociétés fribourgeoises de laiterie

Route de Riaz 95 • CH-1630 Bulle

Tél. +41 26 919 89 19

fsfl@fsfl.chwww.fsfl.ch