La Coulette SA

Transformer les déchets végétaux en richesse locale

 

Sur les hauteurs de Lausanne, la compostière de La Coulette prouve qu’économie circulaire et tradition agricole peuvent aller de pair. Depuis trois décennies, la famille Favre transforme les déchets végétaux en ressources fertiles, grâce à son expérience paysanne, son innovation technique et son engagement écologique. Plongée dans une exploitation où chaque brin d’herbe ou branchage trouve une seconde vie, tout naturellement.

Précurseurs depuis 30 ans

Installée à Belmont/Lausanne depuis 5 générations, la famille Favre travaille la terre de façon durable depuis toujours. En effet, pour ses propres besoins, elle recyclait déjà tous les végétaux et fumiers produits sur son exploitation agricole. Ainsi, dès 1989, Philippe et son fils Marc-Etienne décident de se rapprocher de six communes voisines afin de leur proposer leurs services et valoriser leurs déchets végétaux et forestiers sur la ferme. C’est en 1994 que les portes de « La Coulette » s’ouvrent officiellement en partenariat avec 7 communes. Si l’objectif de départ était de traiter environ 6000 tonnes par an, aujourd’hui, la société devenue SA en 2021, avec l’arrivée de la nouvelle génération, traite plus de 20’000 tonnes par an. Ouverte aux professionnels comme aux particuliers, le succès ne se dément pas. Aujourd’hui, Gisela Favre, veuve de Marc-Etienne, est directrice générale et dirige une équipe de 10 collaborateurs. Trois de ses quatre enfants travaillent avec elle sur l’exploitation et pérennisent la compostière. Ils participent également au maintien de l’activité de la ferme qui regroupe plus de 60 vaches laitières et des cultures céréalières sur une centaine d’hectares. La Coulette est ainsi devenue un acteur incontournable de la région pour la revalorisation des déchets organiques selon les filières adaptées, mais aussi le broyage du bois et de souches ainsi que l’épandage de compost.

Du trognon aux fleurs, il n’y a qu’un pas

Le cycle de la compostière commence avec les déchets organiques déposés par les habitants dans les bacs de tri des communes ou directement sur le site. Certains déchets non organiques s’y glissent encore parfois, obligeant l’équipe à un tri manuel supplémentaire. Une fois récupérés, les végétaux sont broyés pour faciliter leur décomposition, puis disposés en imposants tas. Ces derniers fermentent grâce aux micro-organismes. Pour que la fermentation se déroule correctement, l’oxygène doit circuler. C’est alors qu’un imposant rouleau mécanique entre en scène régulièrement dans les monticules, mélangeant et aérant la matière, afin d’éviter toute putréfaction. Au terme du processus, les déchets se transforment en compost riche et nutritif, tandis que le terreau, plus léger et prêt à l’usage, est mélangé avec de la fibre de bois et de la terre végétale pour être directement utilisable dans les bacs à fleurs et autres plantations.

Le privilège de se servir à la source et en local

Les clients sont variés : paysagistes, communes ou particuliers viennent directement chercher leur compost ou terreau à la source, à un tarif bien inférieur à celui pratiqué dans les jardineries. Chacun repart avec sa remorque ou ses seaux pleins, contribuant au recyclage et à la réutilisation des matières organiques locales qui n’ont parcouru que quelques kilomètres et sans emballage superflu. Au fil des années, la réputation de la compostière s’est construite grâce au bouche-à-oreille et au soutien des communes partenaires. En libre-service, les visiteurs peuvent également se servir de plaquettes forestière (copeaux), de terre criblée enrichie et de compost HUMAFORM ®, selon leurs besoins. À noter également que sur les 18’000 m3 de compost produits, environ 80% retournera enrichir les terres agricoles et viticoles du canton.

Des marques déposées ®

L’entreprise dispose d’un parc de machines impressionnant et de camions 40 tonnes pour ses livraisons. Elle a même déposé ses propres marques. En 1999, elle crée sa marque « HUMAFORM ® » apposée sur le compost horticole issu de La Coulette afin que l’utilisateur puisse clairement identifier la provenance du produit et se rattacher à la marque. Cet amendement se présente sous forme d’humus stable, riche en matière organique. Il permet une amélioration de la structure et de l’humidité du sol. Il est utilisé comme améliorateur de sol, et protège en partie les cultures contre les maladies fongiques. La même année, elle crée sa seconde marque, « AGRIFORM® », compost agricole à destination des agriculteurs et viticulteurs. Le terreau La Coulette sans tourbe, 100% issu de matières premières suisses, est quant à lui conditionné en sac de 40 litres.

Prendre soin du vivant

En plus de son savoir-faire, La Coulette s’inscrit pleinement dans une démarche d’économie circulaire et de respect de l’environnement. En transformant les déchets végétaux en ressources utiles, elle réduit les émissions liées au transport et évite l’incinération de milliers de tonnes de matière organique chaque année. L’entreprise sensibilise aussi le public à la valeur de ces gestes quotidiens – trier, composter, réutiliser – qui, mis bout à bout, participent à la fertilité des sols et à la préservation de la biodiversité. Fidèle à son ancrage local et à ses valeurs familiales, La Coulette poursuit son développement avec la même exigence de qualité et la conviction qu’une terre bien nourrie est une terre d’avenir. Et si vous passez par la ferme à l’automne, vous aurez le plaisir de découvrir des centaines de courges, de toutes formes et de toutes couleurs, cultivées sur place. Un spectacle qui ravit les yeux autant que les papilles et qui rappelle, à sa manière, qu’une terre agricole saine est la condition essentielle d’une alimentation de qualité et un héritage précieux pour les générations à venir.

La Coulette
Route de la Cérèce 5 – CH-1092 Belmont-sur-Lausanne
Tél. +41 21 784 27 45
info@lacoulette.chwww.coulette.ch