UVAM – Union valaisanne des arts et métiers

Marcel Delasoie

 

Quand le futur se joue dans le présent

Avec une entreprise sur deux du canton, soit près de 10 000, affiliées à l’Union valaisanne des arts et métiers (UVAM), qui regroupe sous une même bannière 45 associations faîtières de tous les secteurs de l’artisanat, tout est mis en œuvre par ses soins pour les fédérer et défendre d’une seule voix leurs intérêts. Si globalement, la situation économique du Valais n’est pas en danger face à la pandémie vécue, il n’en reste pas moins que la vigilance est de mise pour le futur. Pour nous parler des dossiers d’importance, Bien Vivre a rencontré Marcel Delasoie, secrétaire général de l’UVAM.

Par secteur d’activité, pouvez-vous nous dresser un bilan post pandémie ?

Aujourd’hui, au niveau global, le Valais s’en est pas trop mal tiré. Concernant le tourisme, les hôtels des vallées latérales ont profité de la situation car les gens avaient besoin d’évasion et de grands espaces. Du côté de la construction, après quelques jours de doute, en mars 2020, les entreprises ont pu continuer à travailler tout en s’organisant face aux contraintes sanitaires. Le bâtiment était florissant avant, il l’est toujours aujourd’hui. Cela pourrait être positif mais quand on voit, le nombre de logements locatifs vacants à Sierre ou Martigny, par exemple, l’inquiétude pour le futur est légitime. Comment tout ce qui a été construit et se construit encore va-t-il être « digéré » ? La question est ouverte. Dans le même temps, ce secteur est impacté positivement par la pharma qui a connu un essor phénoménal. Elle doit construire pour poursuivre son ascension. Tout n’est pas semblable dans d’autres domaines d’activités comme le commerce, la restauration, les boîtes de nuit, l’événementiel ou encore l’art qui ont été plus spécialement impactés tout comme l’agriculture qui, de surcroît, a connu une phase de gel qui a détruit nombre de cultures. Tous les secteurs ont pourtant un point commun, celui des aides fédérales et cantonales qui ont été versées rapidement et qui ont assurément sauvés des milliers d’emplois. A ces dernières s’ajoutent la volonté et la pugnacité des entrepreneurs qui se sont tous battus pour trouver des solutions, qui ont su s’adapter, changer leurs habitudes, agir dans l’urgence pour assurer leur survie. Nous ne pouvons que les en féliciter.

Que pensez-vous du refus par le peuple de la loi CO2 ?

Le Valais a plus massivement voté non, que d’autres cantons, regardant avant tout où étaient ses intérêts. La population a clairement fait le choix de son porte-monnaie avant celui de l’écologie. Si le bâtiment soutenait massivement cette loi, il en allait autrement pour les commerces, les transports, l’automobile, les distributeurs de mazout… Pour autant, cela ne veut pas dire que nous ne devons pas progresser en matière de réduction d’émissions de CO2 mais nous devons l’aborder autrement que par des taxes. Pour l’UVAM, la réponse se trouve dans l’innovation et les avancées technologiques qu’elle peut engendrer dans ce sens et non aux dépens du citoyen.

Que doivent être les retraites de demain et quid du 2e pilier ?

Le projet AVS 21 veut que l’âge de la retraite pour les femmes passe à 65 ans et qu’il y ait un relèvement de la hausse de la TVA pour endiguer le déficit qui va toujours croissant. Pour l’UVAM, ceci est un pas en avant mais en rien cela n’assainira complètement la situation. Pour nous, c’est par la croissance que les choses passent, c’est elle qui finance les retraites. En 1950, il y avait 6 travailleurs pour 1 rentier, à horizon 2050, il n’y en aura plus que 2 pour 1 ! Il est donc indispensable de créer des emplois et de travailler plus longtemps. Par contre, ceci n’est pas toujours équitable raison pour laquelle nous pensons qu’une réflexion doit être menée par rapport aux années de cotisation et à la pénibilité. Par ailleurs, le 2e pilier doit subir une réforme de fond. Il fonctionne bien mais n’est pas adapté pour les jeunes par exemple ou encore les personnes qui travaillent à temps partiel qui ne cotisent pas. Pour éviter que ces gens ne soient prétérités, il faudrait que chacun cotise dès le 1er franc, supprimer le montant de coordination et, évidemment adapter les taux de cotisation à la baisse, sans quoi les coûts seraient trop élevés, pour les employeurs comme pour les travailleurs. Cela doit faire l’objet d’études approfondies afin que ces modifications puissent être acceptées par tous les secteurs économiques.

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